Emmanuel MACRON, le Président destructeur

Les projets destructeurs d’Emmanuel MACRON se précisent ; voici celui pour la SNCF soit – disant pour « réinventer » la SNCF.

Emmanuel MACRON a précisé ses intentions lors du voyage inaugural du TGV Le Mans-Rennes le 1° Juillet 2017 en s’entretenant avec des cheminots. Voici les points concernés par la destruction de la SNCF en tant que service public.

Informations tirées d’un article d’Eric Béziat, le MONDE, le 06.09.2017. Les citations entre guillemets sont celles d’Emmanuel MACRON.

Le statut des agents : « Vous protéger ce n’est pas protéger votre statut ou le job d’hier, c’est vous protéger en tant qu’individu, pour aller vers le job de demain. » Donc c’est la remise en question de ce statut hérité du Programme de la résistance, mais Emmanuel MACRON n’a cure de l’Histoire et son but est de favoriser au maximum les entreprises privées. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle. » «  Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé (…). Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer. » Il faut dire que, dans les ordonnances MACRON sur le Code du Travail, la pénibilité est rabotée au maximum. « Soyons clairs, si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront. C’est injuste. » Nous avons là le même chantage que celui pratiqué par l’Union européenne sur les dettes souveraines : si vous ne remboursez par votre dette, ce seront vos enfants qui paieront.

 

Le régime spécial de la retraite : mettre fin à ce régime spécial en échange de la reprise de la dette de la SNCF par l’Etat = chantage par le Président de la République et très vite : il verrait bien se mettre en place dès 2018 par une loi – cadre l’explosive réforme de la retraite des cheminots. Ce régime spécial permet à un cheminot agent de conduite de toucher sa pension à 52 ans, et à un « sédentaire » à 57 ans, le tout calculé sur la base avantageuse du dernier salaire touché. Ceci est identique dans la Fonction Publique où la pension civile est calculée sur les 6 derniers mois de salaire. « Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »

La concurrence : « Je pense que si SNCF, avec toute la force que vous représentez, sait s’adapter, elle sera le champion de la concurrence, a plaidé M. Macron. La concurrence va aider les évolutions qui sont déjà en cours. (…) Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura plus de SNCF, que les agents n’auront plus leur place ? Pas du tout. Mais SNCF sera un acteur des mobilités plurielles, beaucoup plus numérisées où les agents auront des missions plus variées. » En réalité, Emmanuel MACRON s’appuie sur les Grandes Orientations de Politique Economique qui obligent la France  à privatiser son service public ferroviaire depuis 2001. Macron se cache derrière une supposée obligation de modernisation (c’est le même discours tenu par François HOLLANDE, Nicolas SARKOZY et jacques CHIRAC durant les années précédentes). Emmanuel MACRON veut transformer le service public ferroviaire une « entreprise d’agrégation de mobilités » : emmener en train puis en car, puis vous louer un taxi ou une solution de covoiturage ou de vélo en ville. Ce qui nous rappelle, pour un autre service public, La Poste, que les postiers peuvent se transformer en aides à la personne en visitant les personnes âgées (mais pas gratuitement pour lesdites personnes âgées).

La dette : 44 milliards d’euros à la fin juin 2017. « Parlons-nous franchement : si on reprend la dette, quel nouveau pacte social la SNCF est-elle prête à avoir ? (…) Nous demandons à SNCF d’aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite. SNCF, elle, a besoin que nous allégions sa structure financière, que nous accompagnions la rénovation du réseau existant. » Toujours ce même chantage à la modernisation, à la qualification de celles et de ceux qui s’opposeraient à ses projets de ringardise, de passéistes. Le couplet est connu depuis longtemps.

La stratégie : c’est la remise en question de ce qu’est la SNCF, de sa place dans le paysage des transports français, dans la représentation qu’elle occupe aux des Françaises et des Français. « Ce sont les voyageurs, les chargeurs, les données les concernant qui ont de la valeur dans cette entreprise. » Donc la SNCF n’a plus d’avenir politique et économique aux yeux du Chef d’Etat.

La réaction syndicale : bien évidemment, elle ne s’est pas fait attendre : les citations entre guillemets sont celles des organisations syndicales :

Rémi Aufrere, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. « Nous ne laisserons pas passer une suppression pure et simple du régime spécial qui aboutirait à une baisse des pensions. Et encore moins en échange d’une reprise de la dette. Il serait inqualifiable de faire payer aux cheminots la dette de l’infrastructure qui résulte de décisions politiques avec lesquelles nous n’avons rien à voir. »

SUD-Rail : « Notre statut n’a rien à voir avec les difficultés actuelles du ferroviaire, affirme Bruno Poncet, secrétaire fédéral.  Cela dit, si ces propos sont inquiétants, ils ne sont pas ­surprenants. Ils sont en ligne avec la politique mise en œuvre par M. Macron dès cet été. »

La CGT-Cheminots   a indiqué que la priorité va à la mobilisation contre les ordonnances modifiant le Code du travail et non au régime de retraite de la SNCF. SUD-Rail, comme la CGT, appellent à un mouvement d’action le 12 septembre contre les ordonnances. La ­réforme de la SNCF, telle qu’elle est esquissée par le président, pourrait ­corser la rentrée sociale. »

Pour la France insoumise l’avenir de nos services publics passe par la renationalisation de la SNCF, de La Poste, d’EDF et de GDF contre les orientations politiques de destruction menée par l’Union européenne depuis plus de trente ans (les fameux « paquets ferroviaires, postaux, énergétiques »), lesquelles orientations ont été appliquées par les trois derniers Présidents de la République. L’intérêt commun doit passer avant les intérêts privés et locaux.

Gérard ESTIOT

 

1 réflexion au sujet de “Emmanuel MACRON, le Président destructeur

  1. On peut être d’accord , et c’est mon cas , avec cette analyse critique des propos de Macron , président “jupitérien” voulant décider de tout
    du haut de sa seule jugeotte de néolibéral et européiste convaincu qu’il doit réformer fissa un pays avachi dans la ” fainéantise ” et autres facilités de l’ Etat-Providence ( ” mon cul ! ” , dirait Zazie ) et regretter cependant que , parlant SNCF , ne soit pas du tout évoqué un aspect tout de même positif de la nouvelle politique annoncée par la Ministre des transports : le moratoire , pour réexamen de pertinence , sur les grands projets inutiles imposés et pas encore irréversiblement lancés … tels que le projet “Lyon-Turin ” , au profit d’un refléchage des subventions sur l’ amélioration et l’ entretien de sécurité des infrastructures ferroviaires existantes .
    Il me semble qu’il serait politiquement plus compréhensible d’ approuver cette réorientation , pour exiger sa concrétisation , que l’ignorer .

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.