L’eau, notre bien commun à des investisseurs privés

Le décor est en place ; les acteurs aussi, et dans le rôle de l’écolo de service Denis DONGER. Vous allez attendre que ça se passe…envoyez un sms, réfléchir à votre repas de ce soir, ……

J’entends la rumeur bruire « il va nous faire son énième discours sur l’importance du bien commun qu’est l’eau etc etc…..”

Et bien non ou pas tout à fait ! Le choix, primordial pour moi, était entre la privatisation du service et la remunicipalisation…Ce choix a été fait, dans les conditions que nous connaissons d’une parfaite mascarade de débats, et de pseudo choix démocratique.

Je rappelle quand même que : 53% des français sont contre la privatisation de l’eau, 400 remunicipalisations ont eu lieu sur notre territoire, et 66% de la population européenne a maintenu la gestion publique de l’eau : Norvège, Pays Bas, Belgique, Allemagne (cette fameuse Allemagne qu’on cite comme modèle économique !)

Cette délibération donc nous demande de choisir entre 2 groupes privés (Véolia et Suez), des multinationales qui ont fait de l’eau leurs “spécialités” et qui se répartissent allégrement leurs zones d’influence: je t’embête pas ici, tu me laisses tranquille là-bas…là-bas ça peut-être en Chine, en Inde (ou l’entreprise Véolia c’est vu décerner le prix Pinochio par des associations environnementales et de de développement durable comme: (et je cite)

L’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles”. En l’occurrence, “en Inde, Veolia favorise les abus et les profits plutôt que le droit à l’eau”, dénoncent les organisateurs, précisant que “derrière les beaux discours, les vieux démons de la privatisation de l’eau ont la vie dure”.

Véolia, qui vient aussi d’être condamné par le tribunal d’instance de Lens à payer 4000€ de dommages et d’intérêts pour avoir réduit le débit d’eau à un habitant au RSA qui était en incapacité de payer sa facture d’eau.

Mais tout ça ne nous regarde pas, vous comprenez l’Inde ou les pauvres c’est pas notre problème, on parle ici de Romans ! (qui n’est certes pas en Inde mais qui a des pauvres !)

Il est dit que le choix du délégataire revient aux élus ! Je prends acte et m’interroge : quels sont les élus, dans cette vénérable assemblée, qui ont lu la totalité du document que voici !????

Moi, j’ai tenté, en vain: n’étant qu’une “velléité de personnalité !” mais je vous donne la citation exacte : ” notre majorité municipale n’a pas de véritable opposition. Il y a des velléités de personnalité qui ne permettent pas la construction, ni les propositions. “

Définition du velléitaire : qui n’a que des intentions faibles, qui ne se décide pas à agir !!!!

C’est ainsi que nous sommes distingués par Madame le Maire parlant de l’opposition municipale dans un journal local, vous avouerez que c’est très cordial et constructif ! (ça doit être dans l’air du temps ou certains français sont traités d’abrutis, de fainéants, de névrosés….le mépris et l’arrogance comme méthode de gouvernance !)

Bref, je me suis dit si Mme le Maire le dit, je suis sans doute velléitaire, que Monsieur le président de la république que je suis fainéant,  je ne vais pas poursuivre ce travail harassant et qui au final n’intéresse personne (qui se soucie ici de ce bien commun ! franchement, on a d’autre chose à faire !).

Et ce faisant, je me suis posé cette question saugrenue : à quoi ça sert un CM, qui n’est qu’une chambre d’enregistrement des décisions prises par quelques élus et les directions de services !

Au départ je croyais, grand naïf que je suis et reste après tant d’années, que cette assemblée était au service du bien commun…!!

Cette délibération me montre bien que non : nous allons choisir l’entreprise privée qui fera le plus de bénéfices sur le dos de la population romanaise !

Faut bien rétribuer les actionnaires de ces sociétés qui ont fait de l’eau une simple marchandise  (oui, je sais bien que l’entreprise a de beaux discours sur la “RSE” la responsabilité sociatale des entreprises, et sur le développement durable…ça mange pas de pain !)

Un jour peut-être, avant qu’il ne soit trop tard, nous comprendrons, que tous ces discours ne pourront plus rien faire face à la réalité des désordres croissants du climat, de la raréfaction de l’eau….

Et on se souviendra de ces citoyens qui se battaient pour défendre l’eau à l’image de cette pétition qui a accueilli près de 2 millions de signatures et qui disait ceci :

« L’eau est un bien public, pas une marchandise ! Nous invitons la Commission européenne à proposer une législation qui fasse du droit à l’eau et à l’assainissement un droit humain au sens que lui donnent les Nations unies, et à promouvoir la fourniture d’eau et l’assainissement en tant que services publics essentiels pour tous. Le droit européen devrait exiger des gouvernements qu’ils garantissent et fournissent à tous les citoyens l’assainissement et de l’eau saine et potable en suffisance. Nous demandons instamment que :

  1. Les institutions européennes et les États membres soient tenus de faire en sorte que tous les habitants jouissent du droit à l’eau et à l’assainissement.
  2. L’approvisionnement en eau et la gestion des ressources hydriques ne soient pas soumis aux “règles du marché intérieur” et que les services des eaux soient exclus de la libéralisation.
  3. L’Union européenne intensifie ses efforts pour réaliser l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. »

Et oui, chassez le naturel, il revient au galop !

 

Interventions de Denis Donger, élu d’opposition au Conseil Municipal Romans le 26 sept 2017

1 réflexion au sujet de “L’eau, notre bien commun à des investisseurs privés

  1. Très bien ces interventions au dernier CM , en fait notre chère municipalité est à l’image de notre gouvernement !
    Nous allons renverser la table un de ces jours, c’est sûr.
    Nizou

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