Edito | 19 octobre 2017

Salut les Insoumis(es) de la 4.

Je voudrais pour commencer qu’il n’y ait pas de malentendu sur le but de mon intervention. Je n’ai pas la prétention d’apporter la « bonne parole ». J’essaye juste de transmettre mon ressenti du moment et donner une réflexion sur l’avenir de notre mouvement.

Inutile de refaire l’historique de la FI. Nous l’avons pour beaucoup faite vivre depuis le début et avons ressenti ensemble le souffle extraordinaire qui nous a porté. On connaît les résultats. Ce qui importe c’est ce que nous représentons aujourd’hui : une nouvelle force politique incontournable au plan national, seule opposition de gauche au système servi par tous les présidents de la 5ème République, Macron est le plus « abouti », comme pondu par un algorithme pour faire gagner l’oligarchie.

C’est notre victoire à tous. Au plan local aussi rien ne se fera plus sans nous. Bien que le souffle soit nettement tombé après la présidentielle et ce partout en France (il serait utile d’en rechercher les raisons), nous avons fait avec Emma une très belle campagne, saluée même par nos adversaires.

La dispersion des candidatures « à gauche » est sans doute une des explications de notre petite déception. Nous pouvons être fiers de nous.

Et pourtant nous traversons une période compliquée. Je sens beaucoup d’inquiétude autour de moi. Et moi-même je suis inquiet. On pourrait résumer les questions en une seule : « Et maintenant ? »

Car je pense que nous avons des raisons d’être inquiets et que ne pas se poser de questions serait dangereux. Continuer sur la lancée serait un erreur. On ne peut pas faire comme si on était toujours en campagne. Le carburant de l’urgence n’est plus là pour faire tourner le moteur.

Parmi les raisons de s’inquiéter, la principale est que nous allons devoir exister sur du très long terme  sans échéance mobilisatrice comme une élection.

Depuis que je suis engagé en politique, je n’ai jamais connu une telle séquence . Oublions les Européennes de 2019, elles passeront sans intéresser personne. “L’échéance” pour nous sera les municipales de 2020. Pratiquement 3 ans!Il est déjà compliqué de tenir des troupes entre deux élections proches, alors là…

D’autant que rien ne me rassure là-haut, à Paris. JLM et nos députés ont misé sur la rue pour peser sur Macron, voire ,en rêve, l’obliger à dissoudre l’Assemblée. C’était sans doute légitime vue l’accumulation des mécontentements. Mais ça n’est pas arrivé et ça n’arrivera plus selon moi. Ni les anti-loi Travail, ni les syndicats, ni les retraités, ni les routiers, ni les fonctionnaires, ni même notre belle manifestation du 23 septembre n’ont renversé la table.Les jeunes ont manqué et je crois qu’on ne les verra pas. La fronde des élus locaux va être éteinte par quelques promesses. Le Monsieur fera les ajustements à la marge qu’il faudra. C’est cuit ! A moins d’un événement exceptionnel, Macron a un boulevard devant lui et il ne va pas se gêner.Les bons chiffres de l’économie, réels ou trafiqués feront le reste. Les médias aux ordres vont inoculer le vaccin, c’est déjà bien parti. J’en veux pour preuve leur façon de commenter l’estimation de croissance pour l’an prochain, 1,8% : une estimation commentée comme un résultat effectif.

Il faut donc changer de braquet et ils doivent le comprendre là-haut. Organiser l’opposition sur le long terme, arrêter les polémiques inutiles, de vouloir faire la une tous les jours. Regarder un peu vers le bas, revenir aux militants, au terrain, mouiller la chemise, donner des moyens. Il faudra qu’on exprime ça lors de la Convention qui vient.

Sur le plan local ce ne sera pas simple non plus. Les troupes ont fondu entre les deux tours.Ne nous voilons pas la face : il reste une majorité d’anciens, des politiques, des associatifs, les deux le plus souvent. Nos quelques jeunes sont hélas de belles exceptions. Je parle d’insoumis actifs. Celles et ceux qui faisaient le sel de notre mouvement sont rentrés chez eux.

Pas besoin d’être extralucide pour imaginer ce qui va nous occuper. Nul doute que nous serons abreuvés de matériel du National, de mots d’ordre, d’invitations à nous rassembler. C’est bien parti. Alors on distribuera, on collera, on manifestera, on ira sur les luttes, on écrira des tracts, on créera des commissions, on invitera des personnalités, on chantera….Il faudra faire tout ça bien entendu.

Mais l’expérience de quelques années de militantisme m’amène à redouter qu’une sorte de routine s’installe, d’entre-soi, de gesticulation stérile.Surtout sur 3 ans !

Notre responsabilité de mouvement politique est d’expliquer notre programme, l’Avenir en Commun, l’Écosocialisme, de le faire s’imposer au plus grand nombre, de convaincre. Toutes les formes de militantisme seront utiles.

Mais l’idéal serait de transcender toutes les énergies dans un projet ambitieux, qui fédère, qui construise un espace commun, ouvert.

Je parle de nous engager dans la recherche d’un lieu dans lequel nous pourrions accueillir, éduquer, s’informer, se rencontrer, se détendre aussi. De l’éducation populaire par la fraternité, la culture, l’échange. Notre maison.

Pour le coup, le temps serait avec nous. Le temps de trouver,  de financer, d’aménager, d’organiser…

J’ai conscience que c’est un projet fou. Mais pas impossible : d’autres l’ont fait ailleurs, bar et restaurant social, lieu de spectacle, ferme… Une possibilité de financement serait une souscription, mais on peut regarder d’autres choses. Le but n’est pas celui-là, mais il pourrait y avoir des activités de rapport ; bar, resto, hébergement, spectacles…

Je précise tout de suite que je ne suis pas en train de vous vendre mon bien personnel !

Il ne s’y préterait pas et ce n’est pas possible.

Nous pourrions aussi proposer cette aventure à d’autres structures locales de notre sensibilité, qui sont en recherche de solutions ou d’espace. Rassembler est une nécessité.

Rassembler et être autonomes. Dépendre de subventions, devenir une structure officielle nous rendrait fragiles. Les problèmes de la MNE viennent aussi de là. Leur combat n’est pas fini et il faudra les rencontrer.

Vous l’aurez compris, pour moi, ce serait se condamner à la routine, à rentrer dans le rang, à faire les bons soldats ou alors se donner un outil de travail local efficace. De travail politique pour l’avenir.

 

Ceci proposé, la grande question pour la majorité est celle de l’organisation des Insoumis.

Le postulat de départ est qu’il faut nous donner les moyens de fonctionner, de faire notre travail militant avec la plus grande efficacité possible, dans la perspective des municipales lointaines. On est d’accord sur ce point.

Il ne me revient pas de décider ni de proposer telle ou telle organisation. C’est dans un dialogue le plus large possible qu’on devra le faire.

Néanmoins quelques certitudes et quelques questions, pour ouvrir le débat.

Une organisation horizontale, puisque c’est dans ce sens qu’il me semble qu’on veut aller, impose de dépendre le moins possible du National. C’est souvent plus confortable d’attendre que tout arrive du haut. Veiller donc à une forte autonomie locale, en terme de communication et de finances. On y sera sans doute obligés. Je me suis laissé dire qu’ils envisageaient de ne financer, en partie, que des projets sélectionnés par une commission. On en a un, ça tombe bien ! Je rêve !

Si l’horizontalité consiste à donner le plus de pouvoir aux militants, cela implique une grande souplesse pour faire connaître les propositions et pour les prises de décisions. Les outils de com internes doivent répondre à cet objectif. Important.

Il faudra veiller à ne pas se focaliser uniquement sur notre propre formation au détriment de l’éducation populaire. Ne pas fonctionner en vase clos.

Les groupes de travail, à mon avis trop nombreux, devraient avoir comme objectif de déboucher sur des actions : tract, communiqué, manifestation…

Voir la faisabilité d’un journal mensuel à distribuer ou sur le net.

Le problème des listes et de qui y a accès est à régler rapidement. Quelles listes pour commencer. Celle des insoumis des élections a-t-elle encore une réalité ? Qu’est-ce qui fait la qualité d’Insoumis ?

 

Une paire de questions pour finir.

Peut-on fonctionner sans structuration propre, sans gouvernement ? Comme la Belgique en son temps !

Personnellement l’idée ne me semble pas si étrange. Du moment que l’organisation dans le travail fonctionne, qu’elle favorise l’action…On pourrait en discuter.

Maintenant, si on veut rentrer dans un cadre officiel, pour exister administrativement, et ce sera sans doute nécessaire ne serait-ce que pour gérer un compte, il faudra un bureau au minimum. Mais ça pourrait rester formel : juste pour être dans les clous.

Ceci dit, vouloir faire autrement juste par principe n’a pas de sens non plus.

Si on part sur une structuration plus classique, il va de soi que les responsabilités devront se décider ensemble, leur espace, leur durée.

Ou inventer une façon à nous de faire.

Tout est sur la table.Il n’y a pas à se précipiter. On a le temps pour ça aussi.

La Convention qui arrive va sans doute nous donner des pistes voire un cadre. Nous verrons mais le principe est de ne pas se sentir obligés.Insoumis toujours !

Et enfin : qu’est-ce qui différencie un mouvement d’un parti politique ?

Dans l’activité je ne vois pas bien.  Bon, pas de carte et pas de cotisation. Autrement dit :que des sympathisants. Je fais un peu de provoc mais si on a les inconvénients sans les avantages…La bonne réponse est qu’on n’aurait pas été 500 000 à cause du rejet des partis. Donc la différence est d’ordre psychologique. Ne pas s’appeler parti et être gratuit. Je propose une carte jetable avant les élections et une cotisation à durée déterminée. Il est temps que j’arrête !

Voilà. Je le redis, ce n’est que mon ressenti, mes craintes et mes espoirs.Vers un seul but : arriver aux municipales plus forts que nous le sommes aujourd’hui, plus attractifs et plus incontournables.

Guillaume

9 réflexions au sujet de “Edito | 19 octobre 2017

  1. Merci Guillaume ! l’exercice n’est pas facile et tu as eu le mérite de t’y coller ! Je partage un grand nombre de tes observations, ressentis, propositions. Je ne discuterais pas dans ce cadre, du national, qui à vrai dire , me dépasse un peu et dans lequel (je parle de la “””structuration””” du mouvement, pas de nos députés, actifs, visibles, volontaires et que je salue !) je ne me sens pas trop en mesure d’avoir des avis pertinents.
    Mais localement, je suis très interrogatif sur ce qui se passe chez les Insoumis, romano-péageois . Comme élu, soit municipal ou la communauté d’agglo, je suis interpellé sur notre mouvement. Considéré, à juste titre comme Insoumis, j’ai besoin, pour me prononcer sur certaines décisions municipales ou communautaires d’avoir des avis éclairés et émanant de réflexions Insoumises.
    Je peux, je le sais m’appuyer (et je les en remercie !) sur quelques personnes ressources et attentives. Mais ce n’est pas suffisant.
    D’autre part dans notre mouvement, des décisions sont prises en local sans concertations, sur des modalités que j’ai du mal à percevoir et qui pourtant engagent notre mouvement soit localement, soit départementalement .
    Nous sommes quelques-uns(e)s à souhaiter qu’une AG des groupes d’appui locaux se fassent urgemment pour trouver un fonctionnement démocratique, collaboratif et efficient. Mais je reviendrais sur cette question dans un prochain article ! merci encore à toi Guillaume d’avoir lancé le débat !

  2. Ton édito correspond assez bien à ce que nous pensons, Monique et moi et qui doit concerner pas mal d’insoumis en ce moment. Nous sommes dans une période indéterminée, où il se passe des choses terribles sur les plans politiques et social, et où, malgré notre désir de contrer tout ça, de résister, nous nous sentons impuissants et incapables de trouver des ripostes conséquentes – voir la manif d’aujourd’hui à Valence (mais c’était pareil ailleurs, ce qui est inquiétant). Aussi, tes propositions font du bien, et il devient urgent d’en discuter.
    Merci à toi!

  3. Très bel édito, Guillaume, sincère. Merci. Je suis d’accord sur le fait de trouver un local, un lieu visible, et aussi sur tout le reste. Se poser des questions, mais rester mobilisés. Travailler à la démocratie du mouvement qui reste, pour le moment, la seule force capable de nous éloigner des démons du pouvoir. Enfin, je l’espère. Aimons-nous et respectons-nous pour le travail formidable qui a été fait jusque là, sur le plan local et sur le plan national. Ne gâchons pas, par des projections ou des fatigues personnelles, cette immense richesse que représentent les Insoumis. Certains s’en frotteraient les mains avec délectation. Gardons espoir et restons vivants, joyeux. Tout est toujours possible.

  4. Merci Guillaume tout est dit et clair, beaucoup de craintes à voir comment les gens réagissent sur les réseaux sociaux , il y en a qui ne se rendent pas compte dans quel pétrin nous sommes et pour les mobiliser vraiment , c’est difficile même dans notre entourage , mais l’espoir fait vivre ,espérons que les gens se rendront compte du désastre de ce “pas mon président “

  5. Le bonjour à toutes et tous,
    Merci à Guillaume pour cette introduction au débat, qui m’apparaît indispensable sur notre territoire, quoi que décide « le national ».
    Je m’inscris dans le même état d’esprit, d’apporter un point de vue, sans jugement et sans autre volonté que de réfléchir collectivement. Mon postulat est que de la diversité naît la richesse, si tant est que l’on se respecte. Dans la mesure où l’échange est bienveillant il est source d’enrichissement mutuel.
    Je ne partage pas un certain défaitisme ambiant, qui laisse entendre qu’il ne se passera rien jusqu’aux prochaines échéances électorales. Echéances qu’il ne reste plus qu’à attendre plus ou moins patiemment. En cherchant diverses occupations plus ou moins politiques.
    Nous avons un mouvement social puissant, un mécontentement qui s’élargit à diverses couches sociales de la société. La lutte des travailleurs contre les ordonnances Macron ne fait que débuter. Jamais dans l’histoire des mouvements ouvriers les luttes ne se sont déroulé crescendos, de façon linéaire. La complexité de la situation politique ne va pas conduire à déroger à cette règle.
    Le gouvernement est jugé par l’ensemble de la société Française comme étant au service des riches, bien au-delà des insoumis. Toutes les réformes qu’il engage sont en faveur de la classe dominante, c’est incontestable et incontesté. Les réformes, elles, par contre sont contestées, impopulaires, alimentes le mécontentement.
    Si la France Insoumise se pose en 1èr mouvement d’opposition, elle peine à agréger les différentes forces qui s’expriment. C’est un enjeu majeur des mois qui viennent. Nous nous devons de réfléchir aux freins existant qui empêche de fédérer les énergies opposantes si nous voulons peser durablement sur le cours des choix politiques à venir. Des freins, il y en a dans la société, dans le mouvement ouvrier très divisé mais aussi et immanquablement en propre à la FI.
    Le mouvement social est puissant par sa base particulièrement large, qui embrasse beaucoup de couches sociales, le sous-prolétariat, le prolétariat, les couches moyennes. Pour autant l’urgence de faire de la politique autrement n’est pas la même selon ou l’on se situe dans la société. Je ne m’étends pas sur l’extrême pauvreté qui se trouve marginalisée socialement et par voie de conséquence politiquement. Le prolétariat, la classe ouvrière se sent au bord de la rupture, un souffle de vent et c’est la chute. Du coup, la tentation est grande de s’en prendre au voisin, aux collègues un peu mieux lotis ou, encore plus facile aux immigrés. Dans la classe ouvrière on peut distinguer ceux qui vivotent avec un revenu modeste d’autres qui vivent avec 20 000 € annuel et plus. Je pense que nous pourrions apprendre beaucoup en faisant une analyse fine du vote de 2017 sur notre territoire en fonction des lieux d’habitat.
    Il me semble que nos électeurs de la classe moyenne sont plus particulièrement sensibles aux questions environnementales. Si la nomination de Nicolas Hulot a provoqué un moment de doute, aujourd’hui les choses sont clarifiées, le Président n’aborde pas le sujet dans ses prises de parole, il ne fera rien de notable pour changer d’orientation en la matière.
    Je suis amateur de café mais je ne sais pas lire le marc. Aussi, ce sont des éléments objectifs qui me font penser que nous allons vivre une ou des poussées de fièvre sociale qui pourront être violentes. Je suis intimement persuadé qu’avec sa loi sur la sécurité le gouvernement redoute le mouvement social et que la répression vise plus les contestataires que les terroristes.
    Là où je suis inquiet, c’est sur : qu’elle organisation aujourd’hui, en France est en capacité de diriger un mouvement social puissant ? Il va de soi que ma question sous-entend, « pour une transformation en profondeur de la société et la réponse aux besoins sociaux ». Je mets cette question en lien avec l’orientation de groupe d’appui de la FI qui maille le territoire. Mais également avec nos capacités à former politiquement un maximum d’insoumis. Et je pense qu’il y a là une urgence. Il me semble que des petits groupes souffrent moins d’inertie, des luttes de pouvoir et ont le mérite de mieux connaître les problématiques de la population en étant au plus proche.
    L’idée de l’horizontalité me convient, avoir des représentants me semble incontournable. A nous de veiller à des mandats courts en temps, étroits en domaine. Avec tout ce que la FI porte sur le sujet.
    Un point me chagrine, c’est la connaissance des élus locaux qui ont rejoint FI sur notre territoire, je ne connais que Denis. Ors, je pense qu’il y en a dans les conseils municipaux qui ont voté Jean Luc. Nous avons besoins d’eux, il nous faut leur dire et essayer de les intégrer à notre mouvement.
    A ce propos, avec la réforme de la taxe d’habitation, personne ne dit ce que nous allons perdre comme service public. Mais je n’imagine pas que les communes ne vont pas répercuter les manques à gagner. Est-ce que les élus locaux vont être d’accord pour supprimer les cantines scolaires, les aides à domiciles pour les anciens, couper le chauffage de l’école primaire et j’en passe ????
    J’en reste là pour aujourd’hui, je résume que nous avons un travail politique énorme à réaliser. A nous de définir l’urgent de l’accessoire, si c’est la transformation de la société notre objectif.

  6. Pour rebondir positivement à l’idée de Guillaume de disposer d’une maison des insoumis ,
    envisageons comme le propose Jean-Marie depuis longtemps de nous constituer en association 1901,
    parcours obligatoire pour toute location et réfléchissons à ou et comment financer la chose …
    Gérard Calisti

  7. anny leita

    Je relis ton editio,Merci Guillaume,
    Y a plus qu’à………………………………
    On lâche rien
    Et merci à Gérard pour le lien du national ( idées convention)

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