Just’insoumise | n°2 | Des déchets à gogo

Après la découverte de l’Amérique en 1492, nous pensions tout connaître de notre planète. Mais en 1997, l’océanographe Charles MOORE découvre à son tour un nouveau continent… Il s’agit en réalité de 5 amas de déchets composés de 5 000 milliards de débris plastiques situés au cœur de chaque océan ! Le plus gros, celui du Pacifique Nord, est appelé le septième continent. D’une superficie de 3,43 millions de kilomètres carrés (soit six fois la taille de la France), il pourrait obtenir le statut d’État !

En effet, l’ONG Plastic Oceans Foundation a lancé début septembre une pétition demandant à l’ONU de reconnaître les « îles poubelles » comme pays à part entière. Pour cela, l’association a fait les choses en grand : l’île possède son propre drapeau, sa monnaie (le « débris »), ses timbres… les personnes ayant signées ont même droit à un passeport pour les « Trash Isles » ! Avec cette reconnaissance, les autres Etats seraient obligés de les protéger, et donc de les nettoyer. Al GORE, ancien vice-président américain et Prix Nobel de la Paix en 2007, fait partie des premiers signataires. Pour lui, cela permettrait de : « Développer des matériaux biodégradables, introduire une taxe sur le carbone, et créer des lois pour améliorer le recyclage. »

 

© AFP Photo illustration

 

Les impacts sont multiples. Visuellement, les ordures sur les plages ou en bordure des rivières n’ont rien de réjouissant, mais ce n’est pas le plus grave. Chaque année, un grand nombre d’oiseaux, tortues et autres mammifères s’étouffent en ingérant des morceaux de plastique. Les grands cétacés, amateurs de planctons, se font aussi duper et absorbent de grandes quantités de microplastiques.

GALGANI de l’IFREMER (Institut Français pour l’Exploitation de la Mer) considère cette pollution également responsable de l’altération des écosystèmes. Des bactéries et des insectes voyagent sur les déchets et se développent, en partie grâce au changement climatique, le plus souvent au détriment des espèces endémiques.

Enfin, en plus des substances toxiques déjà présentes dans l’eau (PCB, pyralènes), les chercheurs de l’Expédition 7ème continent ont démontré en 2016 qu’un seul petit débris de quelques millimètres pouvait produire jusqu’à  un milliard de nanoparticules!

 

© Salvatore Barbera

 

Des solutions ont commencé à émerger, avec notamment le projet Ocean Cleanup de Boyan SLAT, un jeune ingénieur néerlandais. Il compte mettre au point une cinquantaine de filets mobiles d’un ou deux kilomètres fixés à des ancres flottantes pour suivre, via les courants marins, et capturer les déchets. L’objectif est de nettoyer la moitié des océans en 5 à 10 ans. D’autres projets devraient voir le jour comme la Manta, un voilier pensé par le navigateur Yvan BOURGNON, qui permettrait de collecter les déchets grâce à deux herses de 70 m, les aspirateurs de mers SeaVax ou la poubelle marine Seabin pour nettoyer les ports.

Une fois les déchets récoltés, ils devront être recyclés ou revalorisés. Et ça tombe bien ! Selon Y. BOURGNON, les déchets sont une matière première qui pourrait valoir jusqu’à 400 euros la tonne. Des filets de pêches, perdus ou volontairement oubliés, sont déjà récupérés par deux entreprises (Interface et Zoological Society of London), puis transformés en dalles de moquette.

Maintenant que nous avons des pistes pour nettoyer les océans, voyons ce que nous pouvons faire, tous à notre échelle, pour éviter que la situation ne s’aggrave. Des solutions existent : le tri sélectif, acheter de préférence des produits en vrac ou avec le moins d’emballage possible, faire un compost, préférer les produits écologiques… Au lieu d’acheter neuf, nous pouvons très bien nous tourner vers des produits d’occasion (Emmaüs, Troc de l’Île, la Ressourcerie Verte) ou réparer/faire réparer, nos objets cassés, plutôt que les changer. Pour les plus motivés, il est tout à fait possible de trouver des recettes pour fabriquer soi-même les produits ménagers et cosmétiques.

 

 

Il y a actuellement huit millions de tonnes de déchets en plus dans les océans chaque année. La fondation Ellen MacArthur a même estimée qu’en 2050, l’océan contiendra davantage de déchets que de poissons (en terme de poids)… Alors on change?

 

 

Voici quelques liens pour en savoir plus :

https://www.science-et-vie.com/questions-reponses/est-il-vrai-qu-il-existe-un-continent-de-plastique-dans-l-ocean-9733

http://sciencepost.fr/2017/09/7eme-continent-de-dechets-plastiques-phase-de-devenir-etat-citoyens-iles-poubelles-ca-sera-bientot-possible/

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/11313/reader/reader.html#!preferred/1/package/11313/pub/16258/page/4

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/a-l-assaut-des-dechets-plastiques-dans-l-ocean_1928724.html

https://www.meretmarine.com/fr/content/philippines-les-filets-de-peche-abandonnes-recycles-en-moquette

https://www.ville-romans.fr/vivre/associations/annuaire-des-associations/la-ressourcerie-verte

https://www.femmeactuelle.fr/deco/maison-pratique/le-best-of-du-menage-au-naturel-15249

https://www.mycosmetik.fr/content/14-recettes-cosmetiques-maison-a-faire-soi-meme

 

 

 

12 réflexions au sujet de “Just’insoumise | n°2 | Des déchets à gogo

  1. Coucou

    Super super Justine de sensililiser ………………….

    Il est grand temps de changer sinon……………….(
    Comment tout peut s effondrer Pablo servigne -raphael Stevens édition seuil
    Bon WE

    Anny Leita

  2. Bonsoir,
    Tout ça n’est pas très réjouissant.
    Mais la prise de conscience individuelle n’est malheureusement pas encore là. Quand je descends ma poubelle, je suis désolé de voir ce que les gens ont déposé dans le conteneur gris qui pourrait être déposé dans les bennes de tri. Il y a même souvent des objets qui pourraient être revendus par Emmaüs.

  3. J’ai relayé en CCI ce bon travail de Justine et Alexandre ,car que serait le fond sans la forme …à 202 contacts ,faites de même les insoumis !
    Gérard Calisti

  4. En Allemagne, que je fréquente un peu ces dernières années, on trouve dans tout super marché une machine où rapporter verres et plastics. On reçois en échange une petite somme pour chaque récipient, qu’on se fait rembourser à la caisse. Simple et efficace. Tout le monde le fait là-bas. Donc pas de plastique qu’on balance n’importe où. Mais…investissement. SI l’état n’aide pas, ça ne se fera pas. On pourrait mobiliser sur ce projet. On n’est pas plus cons que les allemands!
    A+
    Guillaume

  5. On trie tous comme on peut mais force est de constater qu’il y a des ratés. Les Allemands trient aussi en amont. S’ils ont aussi ce système je suppose que c’est pour une plus forte incitation à tout ramener, avec la carotte d’un peu de sous rendus. Ils ont la double réputation d’être pragmatiques et de voir leur intérêt. Nous on dit: faites-le. Allez au coin de la rue et déposez dans les containers. D’abord c’est affreusement moche. Ensuite on sait bien que beaucoup mettent tout dans la poubelle personnelle, plastiques et parfois verres. Donc pas parfait. Il faut trier en aval, ou tout brûler et trier les restes… Pas bon. Et coûteux. Donc si les allemands on choisi ce système, ils ont une bonne raison. D’ailleurs ce ne serait pas nouveau: les consignes, de verre essentiellement, ont existé il n’y a pas si longtemps. Mais le lobby des supermarchés a du demander au public de les libérer de cette affreuse tâche qui demandait du personnel et du stockage.
    L’idéal: plus de plastic et des contenants réutilisables. On commence à y venir. Mais alors là, catastrophe! plus besoin de fabriquer des emballages. Des boîtes (sans jeu de mots) qui ferment, chômage….la fin du monde. De ce monde.
    A+
    Guillaume

  6. Si les boîtes qui font des emballages se recyclaient en entreprises qui participent activement au tri elles n’auraient pas besoin de fermer… Tout est question de volonté, de la part de l’État, mais aussi des consommateurs, la grande majorité ne s’en soucient pas ou très peu…
    Bises
    Justine

  7. Ah mais quand je dis de le faire nous-mêmes, je ne parle pas de faire du tri individuellement, mais de créer un système de recyclage donnant aux gens un intérêt pécuniaire pour le tri et le recyclage… Le système des consignes, en plus complet.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.