De retour de la convention de la FI

Bonjour,

J’ai envie de parler de l’esprit de la convention de la FI à tout le monde…

Pour les Insoumis-es motivé-es que vous êtes, chacun-e aura vu en ligne le déroulé, les interventions, etc.

Il me reste à partager avec vous mes ressentis, mes perles, tout ce pour quoi je me suis réveillée lundi matin en me disant que j’étais vraiment fière d’appartenir à un mouvement pareil… et que s’il n’existait pas, c’est comme cela qu’il aurait fallu l’inventer, comme cela qu’il aurait dû exister pour me donner confiance et force pour agir !

Je reviens enchantée par la prouesse de faire plancher 1500 personnes en même temps sur des thèmes (table de 10 personnes qui ne se connaissent pas, échangent, s’écoutent, partagent, imaginent, confrontent, cherchent, avancent)… Je mets cela en relation avec la mairie de Romans qui grogne lorsqu’est demandée une réunion avec un parent représentant chaque école : “on ne peut pas faire de réunion de travail à 25 quand même, on ne s’écouterait pas !”.

Je reviens motivée pour me mettre à l’action : la présentation de la méthode Alinsky, dont s’est inspirée François Ruffin dans sa campagne, a été détaillée, jouée, essayée en jeu de rôle, pour proposer à tou-tes les Insoumis-es de s’y mettre pour aller à la rencontre des personnes qui ne croient plus qu’elles peuvent changer quelque chose dans ce qui les met en colère au quotidien : quelle belle proposition, concrète et ambitieuse !

Tout d’un coup mon malaise par rapport à l’éducation populaire pratiqué dans les maisons de quartiers se dissipe : j’ai compris que la vraie éducation populaire, c’est à la FI qu’on va la faire, sans tabou et sans subvention qu’on a peur de se faire sucrer… et avec le sourire en plus !

Je reviens charmée par la diversité des personnes dans la salle, par toutes ces nouvelles têtes sur scène (avec même de très jeunes Insoumis qui s’occupent par exemple des outils numériques) et par ces députés accessibles, assis parmi nous, souriants et si efficaces (près de 2500 interventions à l’assemblée nationale depuis leur élection si mes souvenirs sont bons…)… alors qu’en même temps tout dans les média les guette et traque leurs failles, leurs oublis, leurs histoires passées, leurs connaissances, leurs familles… C’est du harcèlement.

 

Je reviens rassurée d’avoir des réponses aux questions que j’entends si souvent :

 

Mais alors l’argent des législatives, ils vont en faire quoi ?

Rien pour le moment !
Des idées pour organiser la redistribution de ces sommes dans les groupes d’appui ont été débattues dans les petits groupes de travail et vont être dépouillées. J’ai discuté lors des pauses avec des personnes des autres tables : on a échangé nos idées : que d’idées différentes et toutes si intéressantes dans les groupes !

 

Mais le parti de gauche là-dedans, il ne tire pas un peu les ficelles ?

Je ne veux plus de ces querelles-là. L’intervention de Francis Parny m’est apparue très éclairante à ce sujet :

Il y explique notamment être communiste dans son âme mais que cela ne l’empêche pas d’être sensible au mouvement de la France Insoumise et d’avoir envie d’y porter main forte. (+ sa vision de l’Art et de la Culture à remettre à une place centrale : si juste !) Sur le sujet des partis politiques derrière la FI, je note de plus en plus souvent que ce sont des modes de vie, des habitudes respectueuses de l’environnement, et une ouverture aux autres qui nous rassemblent (plus qu’une couleur de parti) : vivement que nous devenions contagieux !

 

La FI ne s’ouvre pas aux autres partis

Je comprends que le travail commencé il y a un an à la convention de Lille a continué, évolué, vécu, s’est enrichi par les gens qui étaient là et par les expériences vécues ensemble.
Je comprends dès lors que le mouvement de la France Insoumise ne veuille pas tout remettre à plat devant d’autres partis, d’autres méthodes, d’autres buts même…
Je retiens que chacun peut venir à la FI, en apportant son histoire, ses expériences, ses idées, ses convictions, mais que la FI veut rester fidèle à toutes celles, tous ceux qui l’ont fait avancer. Chacun peut venir en son nom pour changer des choses et les améliorer, mais pas en ayant l’idée d’imposer de nouvelles règles de partis, ni de nouveaux freins du passé.

 

Et Charlotte Girard ? et Manuel Bompard (etc) ? Qui les a choisis ? pourquoi sont-ils là ? etc…

Elle est là, il est là, ils et elles sont tous-tes là parce que personne ne compte son temps et que nous défendons nos idéaux. Je sens que chacun-e peut avoir sa place pour monter sur scène, faire des publications, intervenir, etc, pourvu qu’il/elle s’investisse, soit présent-e, etc.
Je fais entièrement confiance à celles et ceux qui se démènent “au national”, je n’ai pas du tout envie de polémiquer, repasser derrière eux pour discuter ce qui a été décidé, etc. J’ai envie d’être sur le terrain et après tout c’est chouette qu’il y ait des motivé-es pour organiser, penser, réfléchir ce mouvement “au national”.
Je ressens que chacun-e peut-être accueilli “au national” s’il-elle le souhaite.
Je n’ai plus envie qu’on patine autour de “pourquoi c’est lui qui a fait ça ?”
Celui ou celle qui pose cette question peut… y aller !

 

Ils disent même pas qui décide

Tout ne se fait pas immédiatement !
Le travail fait en amont de ce weekend de clôture de la convention a été colossal : des mois de prospections, votes, construction du projet de fonctionnement de la FI.
Maintenant, tout n’est pas prêt, mais de très nombreuses choses se précisent ! Par exemple, une assemblée représentative existera : les modalités de sa nomination ont été discutées dimanche autour des tables. La synthèse est en cours.

Toutes ces questions qu’on me pose parfois s’estompent dans mon esprit, j’ai envie de dire à celles et ceux qui doutent de la FI, celles et ceux que le personnage de Mélenchon rebute (même si moi… j’adore ;-), celles et ceux qui espèrent encore en un renouveau du parti socialiste ou que sais-je , j’ai envie de dire à toutes ces personnes : venez !
Venez et testez avec confiance, essayez avec sincérité : vous ne pourrez pas être déçu-es de ce mouvement nouveau, laissant loin derrière lui les clichés, les habitudes, les vieux codes qui nous embourbent, les vieilles alliances qui nous plombent.
Venez non seulement parce que ce mouvement vous ressemble, mais aussi parce que le péril “en face” est grand et que nous avons besoin de l’énergie de toutes et tous pour remettre l’humain au coeur des préoccupations !

 

Petite remarque négative tout de même :

Je reviens de la convention particulièrement écoeurée de la presse nationale “classique”. Pendant les journées de la convention, certains recevaient des tweets : “Mélenchon fatigué”, “Mélenchon perd 5 points”, “Nous sommes démobilisés” sorti de son contexte sur France Info (en réalité : … unissons-nous car dans certains secteurs nous sommes démobilisés). Des journalistes ont fait semblant que le service d’ordre casse leur flash pour dire à Jean-Luc Mélenchon qu’il était totalitaire parce qu’il ne voulait pas accorder d’interview… (Bon, en même temps quand on comprend qui sont les propriétaires des groupes de presse, on comprend que la FI les inquiète et cela montre que ce mouvement n’est pas juste un adversaire probable, c’est déjà un adversaire réel…)

 

Vivement Le Média, autre initiative de ces mois-ci qui me parait vraiment pouvoir faire évoluer notre société !

 

Je reviens ensuite marquée très fort par cette anecdote :

Au retour notre bus est tombé en panne… Ca a été un peu long (et froid) d’attendre “la suite” sur une aire d’autoroute déserte. Le chauffeur était très embêté car il n’arrivait pas à joindre son patron, bon ça a pas mal duré. Plus de 3h plus tard et à la tombée de la nuit, un bus resplendissant est venu nous chercher (pour nous mettre au chaud “chez Vinci” avant de reprendre la route !). Comme pour prolonger leur comportement exemplaire (où jamais personne n’a laissé aller sa colère, sa peur ni sa tristesse contre le chauffeur), de nombreux insoumis lui ont donné leur numéro de téléphone, une poignée de main, quelques cigarettes : “Dites-nous si vous avez besoin d’un témoignage”, “Faut pas vous laisser faire”, “On est là, appelez !”.

Tout le monde est monté dans le bus (sauf le premier chauffeur qui avait donc eu la mission de “sortir son bus de l’autoroute” et qui allait dormir dans un hôtel sur la route entre Clermont Ferrand et Saint Etienne)… et c’était reparti pour les discussions, chansons, échange, blagues.

 

Et si c’était vrai qu’on n’était jamais fatigué ?!

 

Pour revoir les deux jours de la convention c’est ici :

     

 

Marie-France.

 

 

4 réflexions au sujet de “De retour de la convention de la FI

  1. Merci Marie-France et Bravo ne n’être jamais fatiguée !!!
    Tu as même déjà trouvé le temps d’écrire et documenter ce compte-rendu qui nous parle de ton vécu d’une expérience privilégiée.

  2. Ton enthousiasme fait du bien dans cette morosité ambiante et aussi dans cette espèce de lassitude que l’on ressent tout autour de nous.
    C’est vrai que la FI est un sacré mouvement et le fait de nos 17 députés à l’assemblée, c’est quelque chose.
    Ca bouleverse les habitudes, c’est sûr mais c’est super que Tim et toi ayez participé.
    Maintenant il faut continuer le travail sur le terrain et pour ma part, je trouve que c’est moins simple.
    A bientôt.
    Nizou

  3. Merci Marie France ,ça fait du bien d’entendre ton optimisme.
    pour ma part j’ai suivi toute la convention en différé et ils ont vraiment fait du gros boulot
    A nous de mettre en pratique la méthode Alinski en pratique.
    On lâche rien.
    Anny

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