HDMM | n°4 | Les responsabilités de l’État

De nombreux services collectifs ne sont pas assurés par des entreprises privées, pour la bonne raison que leur exploitation ne laisse aucun bénéfice. Ainsi l’électricité, facteur essentiel de la vie moderne, est produite et distribuée grâce à des installations extrêmement coûteuses : centrales thermiques ou hydrauliques, pylônes, câbles, etc.

Une entreprise privée pourrait certes réaliser des bénéfices, mais à condition de ne fournir le courant qu’aux grandes villes où un réseau relativement peu étendu peut approvisionner un grand nombre de consommateurs; en revanche, cette société reculerait sans aucun doute devant l’investissement disproportionné que représenterait l’installation d’une ligne de plusieurs kilomètres, destinée uniquement à l’alimentation de quelques fermes isolées. Il en est de même pour le gaz, pour l’eau potable, pour certains transports; c’est donc à l’État ou aux collectivités qu’il appartient d’assurer ces services.

Le gouvernement, mandaté par les électeurs pour gérer les affaires de la nation, a de ce fait le droit et le devoir de créer certains services d’intérêt national. Citons notamment, parmi ces fonctions vitales, l’institution d’une monnaie saine et solide, indispensable à la vie économique, et l’entretien d’une armée capable d’assurer l’indépendance nationale.

Au cours du demi-siècle qui vient de s’écouler, les responsabilités de l’État se sont considérablement accrues. Fréquemment des services publics ont fait l’objet de critiques sévères, et dans certains cas, ces critiques étaient justifiées.

On a essayé les systèmes les plus divers afin de remédier aux lacunes et abus qui, selon d’aucuns, seraient inhérents aux entreprises d’État.

Parmi ces systèmes, l’un des premiers à être mis à l’épreuve fut celui de la concession. L’État accorde à un particulier, ou à un groupe, certains privilèges, parfois même un monopole, à charge pour le concessionnaire d’organiser et d’assurer tel ou tel service public. Tout naturellement, le concessionnaire cherche à réaliser des bénéfices maximums, d’où parfois certains abus. Au XVIIe siècle, la vente de ces concessions représentait une jolie source de revenus pour les souverains toujours à court d’argent. Plus près de nous, le système des concessions a souvent facilité la réalisation de tâches comportant des risques considérables, notamment la mise en valeur de certaines régions inexploitées.

Une autre solution qui, généralement, donne des résultats bien plus heureux est celle de la régie. L’État est propriétaire des installations et du matériel, il fournit également les capitaux nécessaires et encaisse les bénéfices, s’il y en a. En revanche, il laisse à l’entreprise une large autonomie de gestion. En France, ce système, modifié selon les exigences particulières à chaque secteur, est employé dans des domaines aussi divers que la banque, les transports ferroviaires, aériens et maritimes, ou la construction des voitures.

 

 

En haut : Des pompiers mUn/czpaux combattent un incendie; la police interrompt la circulation. Des ambulances envoyées par l’ bâpita! évacuent les blessés. En bas: le bateau ou l’avion en détresse envoie par radio un S.O.S. (forme internationale de l’appel au secours). Lorsque les communications radio sont impossibles, on utilise des fusées. Dès réception du signal par les postes de surveillance du trafic maritime ou aérien, des navires, des avions, des hélicoptères sont emoyês sur place. Des remorqueurs se portent au secours du navire en perdition pour s’efforcer de le conduire jusqu’au port le plus proche.

 

source : “L’Homme dans le monde moderne” aux éditions Casterman, 1971.
Textes de M. ROTH et A. DERBAIX-MISONNE

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