Elections européennes 2019 : début

Date : 25 mai 2019

Type de scrutin : c’est une élection à 1 tour et à la proportionnelle (mais pas intégrale : il faut recueillir 5% des voix exprimées pour obtenir des eurodéputés). Depuis trois mandatures, la France était divisée en 7 grandes circonscriptions regroupant plusieurs régions (pour nous, c’était le sud-est = Rhône – Alpes + PACA + Corse), ce qui favorisait la parcellisation des voix et l’abstention dans cette élection. Pour des raisons politiques (= avoir des eurodéputés En Marche), Emmanuel MACRON veut un scrutin de listes nationales de 74 candidat-e-s. Le projet de loi vient d’être présenté en commission le 18 janvier avec une seule circonscription nationale, mais l’article 7 prévoit la constitution possible de listes transnationales (ce qui pose le problème du vote sur ces listes transnationales par Etat, et leur dépouillement). En outre Emmanuel MACRON envisage des « consultations citoyennes » dès ce printemps 2018.  Cela amènera un vrai débat politique national sur le projet européen  (Quelle Europe voulons – nous ?) et ferait baisser ainsi l’abstention si la FI mène une campagne efficace. Les dernières élections européennes avec listes nationales se sont déroulées en juin 1999 (les partis de gauche avoisinaient les 38% des voix mais 54% d’abstention) .  

La prochaine campagne électorale pour les élections européennes prend une importance significative.  Il sera important d’affiner nos propositions de la France Insoumise  à partir de notre programme et des apports supplémentaires pour cette campagne. Voir le  chapitre  « Sortir des Traités européens » et envisager une campagne d’explications (Education populaire) et de propositions politiques en direction des citoyens-yennes.

De plus il est possible que cette campagne  au 1° trimestre 2019 soit doublée par une campagne (apparemment interne sur le plan national) sur la réforme de retraites que le Haut – Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul DELEVOYE, vient de repousser à la même période. Mais c’est l’UE qui a voulu la réforme des systèmes de retraites dans les 15 Etats européens en 2002 au travers des Grandes Orientations de Politique Economique (=GOPE).

Désobéir aux traités :

  • S’exonérer du pacte de stabilité et des règles européennes encadrant les déficits et dénoncer le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) qui emprisonne l’action gouvernementale et budgétaire dans des filets très serrés
  • Cesser d’appliquer unilatéralement la directive sur le détachement de travailleurs en France : la législation nationale doit s’appliquer totalement, y compris concernant les cotisations sociales patronales et salariales en rétablissant celles – ci dans les règles de 2016
  • Refuser les régressions du droit européen sur les questions sociales et écologiques par rapport au droit national et se baser sur les ateliers législatifs sur ces questions
  • Refuser les traités de libre-échange : le traité trans – atlantique TAFTA entre l’UE et les États-Unis, CETA avec le Canada et le traité TISA de libéralisation des services ainsi que les ALE avec le Japon, le Viet – Nam, les  pays de l’Ouest africain
  • Stopper la libéralisation et la privatisation de services publics (barrages hydroélectriques, transport ferroviaire intérieur grandes lignes et TER, etc.) en revenant à la nationalisation des services publics postaux, ferroviaires, de production énergétique avec en parallèle l’application de la transition écologique
  • Encadrer les mouvements de capitaux pour éviter l’évasion fiscale et les attaques spéculatives contre la France
  • Sortir de l’Europe de la Défense (organisée par l’UE) et forcément de l’OTAN et affirmer notre internationalisme
  • Pour une harmonisation par le haut des réglementations fiscales, du droit du travail, de la santé, de la Sécurité Sociale etc… sans tenir compte des directives européennes agissant dans ces domaines
  • Mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne, modifier ses missions et statuts, autoriser le rachat de la dette publique directement aux États, interdire à la BCE de couper les liquidités à un État membre. Sans attendre, la Banque de France sera mise au service de ces objectifs. Mettre la Banque Publique d’Investissement au service de la transition écologique et énergétique (article 123.2 du TSCG)
  • Dévaluer l’euro pour revenir à la parité initiale avec le dollar
  • Mettre au pas la finance, prohiber les instruments financiers toxiques, taxer les transactions financières, contrôler les mouvements de capitaux pour empêcher les attaques spéculatives par l’obligation de transparence des sociétés financières et non financières
  • Organiser une conférence européenne sur les dettes souveraines débouchant sur des moratoires, une baisse des taux d’intérêt, des rééchelonnements et annulations partielles en lien avec les associations comme le CADTM, ATTAC etc….
  • Arrêter la libéralisation des services publics (rail, énergie, télécoms…)
  • Mettre en place un protectionnisme solidaire : arrêt de la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’UE et les pays tiers, arrêt des politiques de libre-échange qui ruinent les économies en développement et détruisent l’industrie européenne, autorisation des aides d’État aux secteurs stratégiques
  • Mettre fin au dumping à l’intérieur de l’UE par une politique volontariste et rapide d’harmonisation sociale et fiscale par le haut dans toute l’UE avec inscription d’une clause de non-régression des droits sociaux ou de clauses se basant sur les principes de nécessité : alimentaire, environnementale, écologique…
  • Refonder la politique agricole commune pour garantir l’autosuffisance alimentaire, la relocalisation et l’agriculture écologique et paysanne
  • Abandonner le marché carbone et mettre en œuvre une véritable politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre avec des critères de convergence impératifs
  • En cas d’accord, le résultat des négociations sera soumis à référendum au peuple français qui décidera souverainement de sa participation à l’Union européenne refondée ou de la sortie

Renégocier les Traités européens :

  • Stopper la contribution de la France au budget de l’Union européenne (22 milliards d’euros par an dont 7 milliards d’euros de contribution nette)
  • Réquisitionner la Banque de France pour reprendre le contrôle de la politique du crédit et de la régulation bancaire, et pour envisager un système monétaire alternatif avec ceux de nos partenaires qui, dans la phase A, auraient manifesté leur désir de transformer l’euro en monnaie commune et non plus unique
  • Mettre en place un contrôle des capitaux et des marchandises aux frontières nationales pour éviter l’évasion fiscale des plus riches et des grands groupes, et se protéger des attaques spéculatives et du dumping social, fiscal et écologique
  • Construire de nouvelles coopérations avec les États qui le souhaitent en matière culturelle, éducative, scientifique, etc. Proposer une alliance des pays d’Europe du Sud pour sortir de l’austérité et engager des politiques concertées de relance écologique et sociale de l’activité
  • Renforcer la participation française aux programmes de coopération plus larges que l’UE (Erasmus…) ou n’ayant rien à voir avec l’UE (CERN, Arianespace, Airbus)
  • Proposer de nouvelles coopérations fondées sur la libre participation des Nations en matière sociale ou écologique (programme de dépollution, transition énergétique…)
  • Réduire la place de la Commission européenne et donner un véritable pouvoir législatif au Parlement européen

Le groupe de travail INTERNATIONAL essaie de lancer la projection du 3° film International de Yanis YOLANTAS pour engager cette campagne électorale localement. Affaire à suivre.

Gérard ESTIOT

   

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