Assemblée représentative de la France Insoumise, 7 avril 2018, Paris

Nous étions 250 : 100 parmi les bénévoles, fort engagés, députés, etc, et 150 tirés au sort : la moitié parmi les groupes d’action, l’autre moitié parmi les sympathisant-es inscrit-es sur le site de la France Insoumise.

Magnifique lieu que cette halle “Chesnaie du roy” du Parc floral de Vincennes, où les bénévoles s’activaient depuis tôt le matin pour nous accueillir dans les meilleures conditions possibles. Dès notre arrivée et après le passage à l’incontournable portail de sécurité, nous sommes répartis par table et faisons connaissance avec les autres insoumis-es, certain-es ayant passé la nuit dans le car ou ayant pris la route tôt le matin, d’autres à Paris depuis la veille et/ou en profitant pour d’autres actions militantes dans la capitale les jours à venir.

C’est Jean-Luc Mélenchon qui ouvre la journée et met rapidement en lien notre mouvement et le mouvement social qui se profile : il rappelle à plusieurs reprises que la France Insoumise se mettra au service des initiatives de lutte, des mobilisations citoyennes. “Incarnez la société !”

“Ne rabougrissons pas nos pratiques !”
“Apprenons à parler pour tous en comprenant la signification de ce qui se passe en France.”
“Je lance la discussion : elle ira là où elle doit aller, la conclusion ne m’appartient pas.”
Il fait là allusion à ce mai 68 perlé que nous sommes en train de vivre et qui tend à remettre le centre de gravité de nos vies là où il doit être.
Notre principal travail est de fortifier l’union entre les usagers des services et les employés, pour fédérer une opposition populaire humaniste, pour faire unité dans l’action et ne pas laisser isolé-es celles et ceux qui luttent (on agit loin de toute “carabistouille électorale”).

 

 

“La France est entrée en tempête”. Face au vide des mesures prises pour contrer la crise écologique qui nous guette, face à la quart-mondisation de la 5ème puissance économique mondiale, face au plus grand plan social de l’histoire de France (- 120 000 postes dans la Fonction Publique), alors aussi que l’Etat se retire en premier là où cela ne se voit pas (cf Guyane), les questions que se posent les gens sur le fonctionnement et les choix de notre pays sont amples.

Questions aussi sur les média : “Ce qui devrait nous informer nous bourre le crâne”.

Et sur le programme de Macron, qu’il n’a pas écrit lui-même pour le moindre de ses mots : tout est repris des directives de la commission européennes.

Pour terminer son intervention Jean-Luc Mélenchon tacle la démocratie, de plus en plus souvent bafouée en France (exemple du vote en Guyane où un village où très peu de gens avaient voté participe à un taux proche de 100 % lorsque les élections se rejouent (et que les cadeaux d’En marche sont passés par là…), exemple de la facture de 6 millions pour des appels téléphoniques de l’équipe de Macron…la samedi avant le 2ème tour des élections présidentielles…)

Veillons !

“Veillez avec soin, amour, tendresse, délicatesse !”

 

Un communiqué “Stop Macron” est ensuite lu, qui résume les actuelles actions et leurs intentions : marche de la justice le 11 avril, marche “Stop Macron” à Marseille le 14 avril, à Lille aussi et dans d’autres villes, puis une grève interprofessionnelle le 19 avril, les manifestations du 1er mai et un grand rassemblement à Paris le 5 mai.

 

S’en suivent des interventions de François Ruffin et de personnes dans la salle, apportant des témoignages, précisions, nouvelles sur le mouvement social. Chaque participant-e pouvait demander la parole en s’inscrivant sur un petit papier et précisant son thème d’intervention. Le cadre (alternance femme-homme et 3mn de temps de parole) génère des échanges dynamiques, étayés par des vidéos projetées (le bilan de la FI depuis mai 2017, des clips humoristiques de publicité, des tutoriels joyeux, tous disponibles sur le site de la FI).

 

François Ruffin rappelle une citation de Roosevelt :
“Le peuple ne nous en voudra pas d’avoir échoué, il nous en voudra de ne pas avoir essayé”.
Face au “vide d’un projet de société”, nous avons, les gens ont, un désir d’autre chose.
Le député rappelle que “Nous ne sommes rien, juste des catalyseurs”.
Il invite tout le monde à se mobiliser dans le monde mouvant actuel, où, même en montant progressivement les marches (14 puis 19 avril, 1er mai), personne ne sait ce qui se passera le 5 mai, à “La fête à Macron”.

 

On est en démocratie ? Non !
On est en dictature ? Non ?
On est en léthargie !.
Mon adversaire, c’est toujours la finance, c’est surtout l’indifférence.

 

Puis nous avons entendu des témoignages forts sur la mobilisation en Guyane, les EPAHD, l’extrême droite qu’on laisse prendre racine à Strasbourg, le service public, les interventions policières dans les facultés, les conditions de vie précaires des étudiants et de leurs enseignants, la marchandisation des savoir, le fonctionnement de la caisse de solidarité pour les grévistes, la marche de l’auberge des migrants (3 avril au 8 juillet), les raisons de la grève de la justice (le 11 avril), les violences faites aux femmes, le droit de grève que certains employés n’osent plus utiliser (conseil de prendre une journée de RTT), etc, etc.
Que de plongeons plein d’émotions partout dans notre pays…

 

La brève pause repas ne nous a guère laissé le temps de discuter : c’était déjà l’heure de reprendre avec un temps de travail sur l’Europe.

Les élections européennes ont lieu en mai 2019. Le cadre a changé : il y aura une liste nationale et 74 sièges (ou 79 après le Brexit) à pourvoir.
Montrant que la campagne pour les élections européennes n’était absolument pas déconnectée de notre quotidien, Charlotte Girard travaillait au même moment avec Podemos, en Espagne. Un texte a été présenté aux tables : “l’Europe insoumise”. Il reprend les points importants à défendre par la France Insoumise aux élections de mai 2019, “pour faire l’Europe sans défaire la France”.

 

 

Chaque ruche (table) discutait le texte en notant :

  • Les besoins de clarification
  • Les points particulièrement approuvés par le groupe
  • Les objections
  • Les propositions de rechange (améliorations)

 

 

Nos feuilles de travail ont été ramassées et les remarques qui apparaissaient plusieurs fois ont été prises en compte : un texte bis “l’Europe insoumise” nous a été distribué un peu plus tard dans l’après-midi, reprenant toutes les précisions, modifications, améliorations, etc. C’est ce texte réécrit qui sera la base de travail des futur-es candidat-es et qui sera diffusé sur le site pour continuer de l’améliorer avant qu’il ne devienne, dans les mois à venir, le texte définitif. Voilà une encore une fois la démonstration qu’on peut travailler à 250 en impliquant chacun-e.

 

Le comité électoral s’est ensuite présenté, pour rappeler son rôle, et proposer :

  • D’être plus nombreux (déjà fort sollicité lors des législatives, le groupe croule sous le travail !)
  • Un calendrier électoral avec une manière de choisir les candidat-es aux élections européennes (et la volonté d’avoir clôt la liste pour la fin du mois d’août (amphis d’été), afin de commencer sereinement la campagne électorale en novembre 2018).
  • Une charte politique pour les candidat-es investi-es par la FI

 

Chaque ruche a alors cogité :

  • C’est quoi un-e bon-ne candidat-e ?
  • Remarques pour améliorer la charte ?
  • Remarques sur les procédures proposées par le comité électoral ?

 

Re-travail à 250, re-ramassage des feuilles, re-prise en compte des remarques des groupes.
Les textes, procédures pour monter la liste électorale des européennes, calendrier, charte électorale, vont être publiés sur le site de la France Insoumise.

 

Un troisième de temps de travail “Europe” concernait les propositions d’initiatives de campagne :

  • Des propositions ?
  • Une validation par certains membres de la ruche (pas forcément tous : le consensus n’est pas du tout recherché ; l’essentiel est que la proposition plaise à certain-es et que celles-ci, ceux-ci s’en emparent !)
  • Une enquête rapide pour savoir qui ferait telle ou telle action.

 

 

 

La journée continue au pas de course :

Intervention de la comptable militante de la FI : les chiffres donnent le tournis.
On espère au passage que, maintenant que les comptes de la FI ont été épluchés sous toutes leurs coutures, ce soit le tour des autres candidats aux élections présidentielles de 2017 de répondre à ces vérifications.
Pour information, les frais engagés dans les campagnes présidentielles et législatives de 2017 n’ont pas encore été remboursés. La FI “tourne” pour le moment et depuis le début, avec les dons de particuliers.

 

C’est une assemblée représentative future qui statuera sur la manière d’aider financièrement les groupes locaux.

Les campagnes nationales de la FI :

  • Nucléaire : ça continue !
  • Pauvreté (NB : WE de solidarité les 21 et 22 avril)
  • Évasion fiscale : campagne d’info du 17 au 27 mai.

 

Les suites de la niche parlementaire du groupe de la FI à l’Assemblée Nationale : 1 jour par an, les députés des groupes qui ne sont pas dans la majorité choisissent de quoi ils veulent parler. Cette année, ce jour-là, il y a eu 5 propositions de loi émanant de la FI : elles ont toutes été rejetées mais les député-es ne veulent pas en rester là et continuer à travailler sur ces thèmes, en lien avec le terrain :

  • Le burn out
  • Le droit à l’eau dans la constitution
  • Utilisation d’un référendum pour ratifier le CETA
  • Mise en place d’un récépissé dans la cadre des contrôles d’identité
  • Droit à mourir dans la dignité

 

16h45 : on n’a qu’un quart d’heure de retard et c’est le moment de parler des élections municipales de mars 2020 ; ce scrutin comporte à l’heure actuelle encore beaucoup d’inconnues (notamment : comment ira la France en mars 2020 ?)…
Ce sera un moment de clarification face au macronisme ambiant. Le comité électoral a tout juste fini d’analyser les situations dans les 150 villes de plus de 50 000 habitants : il se penche maintenant sur les 750 villes de 1000 à 50 000 habitants. Une réflexion sur la démarche à avoir dans les communes est en cours et reposera sûrement sur le même schéma que celui des élections européennes : écriture d’une charte, AG dans les communes, choix d’un binôme, possibilité de fomation thématique sur les enjeux municipaux.

 

En ce moment, en avril 2018, les porte-parole de la FI pensent que c’est “une perte de temps” de penser exclusivement “municipales”. Ils encouragent à se concentrer sur :

  • Les élections européennes
  • Le porte à porte
  • L’éducation populaire
  • L’implication sur des sujets locaux

Le comité électoral reste ouvert aux remarques et suggestions.

 

 

Danièle Simonet prend la parole :

“Comment mener campagne à l’échelle de la commune ?”.

Elle propose que le travail en amont des élections municipales commence par de l’autoorganisation dans les quartiers, pour que les citoyen-es se réapproprient/exercent un contrepouvoir.
L’action proposée sur l’ensemble du territoire serait de faire “du porte-à-porte différent de celui qui descend” ; du porte-à-porte non pas pour distribuer des tracts mais pour écouter les colères des gens. “Militer sans tract, faire des “enquêtes de conscientisation” qui pourraient aboutir à des réunions de quartiers : “Et si on parlait des sujets qui fâchent ?”,”Maintenant on s’auto-organise !”.
Lorsque les colères seront identifiées, il serait alors possible de choisir, dans chaque groupe, les 3 les plus grandes : cela aboutirait à un programme co-élaboré.
Les expertises des collectifs citoyens peuvent être bien plus pertinentes que celles des bureaux d’étude.

 

Militer sans tract, enquêtes de conscientisation, parler des sujets qui fâchent. Maintenant on s’auto-organise !

 

Ainsi, la conclusion de la journée nous amène à entrer dans l’action, nous donne rendez-vous à tous les rassemblements (voire plus) du printemps et nous précise que les inscriptions aux amphis d’été vont bientôt s’ouvrir (du 23 au 26 août, à nouveau à Marseille mais d’une capacité supérieure à l’an passé, avec un comité de pilotage qui travaille dès maintenant : amphisdete@lafranceinsoumise).

Les précisions sur ces inscriptions arrivent bientôt par mail, tout comme les documents sur les élections européennes et les informations du comité électoral.

17h30 la Marseillaise est entonnée, je me faufile pour prendre une rame de métro d’avance pour optimiser les chances d’attraper mon train.

 

 

 

 


Le trajet en TGV me permet de faire le point, un point tout à fait subjectif

 

A retenir

  • La rigueur et la transparence du travail national, auquel chacun-e peut contribuer (cf par exemple besoin d’élargissement du comité électoral).
  • La cohérence entre le programme défendu et chaque action quotidienne (l’alternance stricte femme-homme dans les prises de parole des organisateurs et du public, de réels moyens mis en place pour une participation du plus grand nombre (cf travaux en groupes de 6 favorisant l’implication de chacun-e, frais de transport remboursés), le tri des déchets au pique-nique -mis en place et pas respecté, dommage !
  • L’organisation sans faille, le temps tenu, le rythme donné aux prises de paroles, les animateurs et animatrices qui changent tout au long de la journée, l’appui de vidéos, petits temps de respiration, pour redynamiser les temps de travail.
  • La manière de travailler les textes, publications, etc : par petits groupes où chacun s’exprime, en griffonnant un texte martyre (c’est-à-dire surtout pas à l’oral en grand groupe)
  • Le grand nombre de boîtes à idées (pour tous les thèmes possibles) disponibles pour que les participants de l’assemblée représentative soient réellement écoutés (pas forcément tou-tes lors de ce samedi, mais ultérieurement : idées d’actions et de slogans pour les campagnes nationales
  • Les sandwiches délicieux, goûteux, copieux ! Il y avait eu un grand loupé de ce côté-là au rassemblememt de Clermont-Ferrand (pas de sandwich pour tout le monde alors qu’il n’y avait pas de possibillité de faire des achats aux alentours du centre de congrès et que de nombreuses personnes reprenaient le bus pour 5 à 10 heures) : c’est épatant de constater à quel point une expérience difficile permet de faire mieux ensuite !

 

Se méfier

 

  • Des ordres du jour trop chargés.
  • Les questions avec lesquelles on est venu ne trouvent pas de place pour s’exprimer (j’avais envie de partager à propos du dénigrement de la FI, dont je sais que Jean-Luc Mélenchon et ses proches “bénéficient” à grande échelle, notamment par une presse qui ne fait pas son travail d’information et qui saute sur la moindre information à tourner négativement concernant la FI… mais je me demandais -et me demande encore- comment et pourquoi cela se décline si fort localement : par exemple pourquoi les banderoles qui annoncent un événement organisé par la FI sont enlevées. Échanger, se dire nos réactions, nos idées, nos solutions, nos propositions, au-delà des limites des départements, m’aurait bien intéressée et aurait ouvert ma pratique de militante.
  • L’absence de pause café (et de café !) ne permet pas les discussions informelles, les liens en reparlant d’une intervention.
  • On ne fait pas réellement connaissance.
  • La spécificité de chaque région n’est pas mise en avant.
  • Des gens qui se connaissent qui restent ensemble et qui, comme ils ne doivent pas se voir très souvent, profitent de ce temps national là pour parler entre eux, se revoir, bouger lors des interventions, etc

 

  • Des “toxiques”

A la sortie, en fin d’assemblée représentative, deux hommes, postés sur le trottoir un peu en retrait de la sortie de la Chesnaie du roy, distribuaient un long texte : “C’est quoi ?”, leur ai-je demandé, pressée. “C’est la France Insoumise, vous lirez”. J’ai lu, dans le train : en fait il s’agit d’empêcheurs de tourner en rond (qui ne dévoilent pas leurs noms mais renvoient à une pétition) qui disent soutenir le mouvement de la France Insoumise comme opposition au gouvernement autocratique de Macron -jusque là on est d’accord !-, mais qui remettent en cause la démocratie au sein du mouvement : comment le tirage au sort a-t-il été effectué ? Pourquoi telle ou telle personne jamais élue s’occupe de telle ou telle mission ? etc. Je vois en eux des frustrés des anciennes méthodes où un mentor gérait la vie de son groupe, des gens qui n’ont pas compris que pour alléger les procédures, pour ne pas nous décourager, pour avancer, nous choisissons de tou-tes agir ensemble, selon nos compétences, nos envies, nos disponibilités, sans remplir de formulaire, faire des demandes, ni attendre la validation d’une AG.

Ces réflexes font pour moi partie d’un autre temps : tant qu’on suit une ligne claire (“l’avenir en commun”), chacun-e peut prendre des initiatives, dont il ou elle rendra ensuite compte au groupe. Et puis, une fois encore dans ce samedi de rencontre, j’ai eu le sentiment que celui ou celle qui voulait s’impliquer nationalement pouvait le faire (cf comité électoral, thèmes de travail des niches parlementaires pour ne citer qu’eux), sans être élu-e donc, juste en ayant de l’envie et du temps…

 

Arrêtons de nous décrédibiliser en ne nous faisant pas confiance entre nous !  Arrêtons de nos chamailler et de nous tromper d’ennemi !

 

La prochaine fois qu’un-e insoumis-e drômois-e est tiré-e au sort, propositions :

  • Lui confier des choses à dire, idées à donner, suggestions à glisser dans les boîtes à idées.
  • Préparer à l’avance les interventions possibles en lien avec les problématiques que les groupes locaux aimeraient travailler.
  • Proposer “au national” de prendre le temps de distribuer plus de matériel à ramener dans les départements (affiches, autocollants des nouvelles campagnes).

 

Pourquoi ne pas prendre le temps, en amont, d’organiser :

  • Un covoiturage, voire des billets de train pris ensemble
  • Un petit marché des régions où celles et ceux qui le souhaitent pourraient promouvoir un producteur local (je repense “aux 1336″…)

 


Revoir le direct de l’assemblée représentative

 

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