Mai 68 | N°4 | La situation en France avant 1968

Voici une série de dix articles « MAI 68, la démocratie retrouvée ». Il s’agit de repères chronologiques, mais aussi politiques, syndicaux, événementiels.

 

1) Les grèves ouvrières

• 1947 : grèves aux Usines RENAULT, Citroën, Peugeot, Michelin, Berliet et à l’EDF qui entraîneront la sortie du PCF du Gouvernement ;
• 1950 : l’arrêt DELAHAENE du Conseil d’État confirme que le droit de grève est un principe fondamental ;
• 1953 : grève contre le projet du Gouvernement de retarder l’âge de la retraite ;
• 1962 : mise en place de la Politique Agricole Commune (PAC) ;
• 1963 : grève des mineurs dans les bassins charbonniers ;
• 16 Janvier 1963 : « grève du rendement » : durée 15 jours ; la direction des Charbonnages de France ne négocie pas sur ordre de POMPIDOU ;
• 15 Février 1963 : négociations acceptées en raison des accords commerciaux franco-soviétiques qui prévoyaient l’exportation de 1,5 million de tonnes de charbon vers l’URSS ;
• 1er Mars 1963 : « grève générale » suite à l’accord de tous les syndicats ; totale dans le Nord, la Lorraine, Massif Central, les Cévennes, et les gaziers de LACQ et de Provence. Le Général de Gaulle lance un ordre de réquisition des mineurs (totalement inefficace) et envoie les CRS. Soutien de la population ;
• 13 Mars 1963 : marche des mineurs sur Paris ;
• 04 Avril 1963 : les syndicats obtiennent 11% d’augmentation salariale ;
• 05 Avril 1963 : fin de la grève des mineurs.

 

2) La situation politique

• 1963 : Plan de stabilisation de Valéry Giscard D’ESTAING pour limiter le recours massif aux travailleurs étrangers, surtout maghrébins ; ce plan, maintenu trop longtemps, provoquera une hausse du chômage ;
• 1963 : le Ministre de l’Information, Roger FREY, place directement la Radio Télévision Française (=RTF) sous la tutelle de son ministère par le Service de Liaison Interministériel de l’Information (SLII) qui fonctionnera encore à plein pendant Mai 1968 ;
• 1964 : la RTF devient l’ORTF ;
• 1965 : le CNPF (patronat français) adopte une charte libérale ;
• Décembre 1965 : Fondation de la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (FGDS) par François MITTERAND ;
• 7 Janvier 1966 : création des IUT par Christian FOUCHET, ministre de l’Éducation Nationale ;
• 10 Janvier 1966 : accord entre la CGT et la CFDT pour l’unité d’action sur une base revendicative réelle ;
• 7 Mars 1966 : le Général de GAULLE retire la France du commandement unifié de l’OTAN pour échapper à la conception américaine du bi-polarisme ;
• 17 Mai 1966 : grève générale à l’appel des Confédérations syndicales ;
• 1958 – 1968 : « Dix ans de gaullisme, ça suffit » : l’arrivée au pouvoir du Général de Gaulle en 1958 : le Coup d’État par la peur : le Général SALAN, qui a les pleins pouvoirs civils en Algérie, prévoyait une opération militaire parachutiste sur Paris, opération appelée RESURRECTION. Le 28 Mai 1958, le Général DULAC, envoyé par SALAN, a une entrevue à Colombey – les Deux Eglises avec De Gaulle qui joue sur les deux tableaux : il laisse faire les militaires qui continuent à mettre sur pied leur opération : deux vagues de parachutistes sur Paris, la première commandée par le Général MASSU, la seconde par le Général SALAN. De plus, il fait pression pour obtenir le pouvoir politique : il rencontre secrètement le Président du Conseil (= Conseil des Ministres sous la 4° république) élu depuis le 15 Avril, Pierre PLIMFIN qui refuse d’abandonner son poste. Il rencontre ensuite le Président de l’Assemblée Nationale, André Le TROQUER qui s’opposera à lui, et le Président du Sénat, Gaston MONNERVILLE qui lui est favorable. Le 29 Mai 1958, le Président du Conseil, Pierre PFLIMFIN doit démissionner. Le Président de la République, René COTY fait appel à De Gaulle pour constituer un Gouvernement de Salut public. Le 1° Juin, l’Assemblée Nationale investit le Général De Gaulle. Le sénateur Michel DEBRE sera le « père de la Constitution de la Ve République ».

 

Soyons réalistes, demandons l’impossible !

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.